Acropeltidae

Lambert & Thierry, 1914

(ex. Tribu : Acropeltinae Lambert & Thierry, page 267)

Genre type : Acropeltis Agassiz, 1840

Description succinte de la famille : Apex dicyclique, tubercules non perforés et non crénelés. Ambulacres trigéminés et unisériés.

 

 


Genre Acropeltis  Agassiz, 1840

Catalogus systematicus Ectyporum Echinodermatum fossilium Musei Neocomiensis, p.12

Espèce type  Acropeltis aequituberculatus Agassiz in Ag. & Desor, 1847 (monotypie)

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Callovien - Tithonien

 
diagnose originale du genre
Catalogus systematicus Ectyporum Echinodermatum fossilium Musei Neocomiensis, Agassiz, 1840, p.12
 

 
 

Acropeltis atlantica REY, 1989- Valanginien inférieur, Maroc, 22 mm

 
 
 

Acropeltis atlantica REY, 1989- Berriasien terminal / Valanginien inférieur, Maroc, 30 mm

 
 
 

Genre Goniopygus Agassiz, 1838

Monographies d'échinodermes, des salénies, p.19

Espèce type  Goniopygus peltatus Agassiz, 1838 (désignation originale)

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Tithonien - Thanétien

Syn. 

  • Cyphopygus Pomel, 1883, p.89 ; espèce type : Goniopygus major Agassiz, 1838 ; synonyme subjectif plus récent.

  • Polygoniopygus Valette, 1907, p.11 ; espèce type : Goniopygus pillati Cotteau, 1883 ; synonyme subjectif plus récent.

  • Tetragoniopygus Fell & Pawson, 1966, p.U412 ; espèce type : Goniopygus supremus Hawkins, 1924 ; synonyme subjectif plus récent.

  • Heteropodia de Loriol, 1888, p.254 ; espèce type : Heteropodia whitei de Loriol, 1888 ; synonyme subjectif plus récent.

 
diagnose originale du genre
Monographies d'échinodermes, des Salénies, Agassiz, 1838, p.19
 

du genre goniopygus Ag.

Je comprends dans ce genre toutes les espèces de la famille des Salénies dont l'appareil oviducal est dépourvu de cette plaque suranale qui, dans les trois autres genres, reporte l'ouverture anale tantôt en avant, tantôt en arrière, suivant qu'elle est placée en arrière ou en avant de son orifice. Les plaques ovatiales ne sont point soudées dans toute leur longueur aux interovariales, d'où il résulte que l'appareil oviducal présente constamment une rosette décagonale plus ou moins distincte. L'ouverture anale est centrale, tantôt circulaire, tantôt anguleuse, suivant les espèces. Quelquefois elle est triangulaire, carrée ou pentagonale, et l'on voit ordinairement surgir de l'intérieur de ces angles d'autres petites plaques plus ou moins distinctes. Les dimensions des espèces de ce genre sont soumises à des variations notables, depuis le G. major qui atteint un diamètre d'un et un quart de pouce et au-delà, jusqu'au G. intricatus qui n'a guère qu'un quart de pouce dans son plus grand diamètre (voy. tab. 3 et4).

 

La structure générale du test est à peu de chose près la même que dans les vraies Salénies ; les pores sont disposés par simples paires, d'où il réulte que les ambulacres proprement dits doivent être très étroits.Les aires interambulacraires sont bien moins tuberculeuses que dans les autres genres de cette famille ; dans la partie supérieure du test, les plaques coronales ne portent souvent qu'un seul gros tubercule sans granulations accessoires. Enfin un dernier caractère particulier à ce genre et qui à lui seul suffirait pour le distinguer des trois autres, c'est l'absence de sillons rayonnés sur les tubercules des aires interambulacraires. On connaît jusqu'à présent deux sortes de piquans de Goniopygus, provenant toutes deux du terrain néocomien, et que je crois pouvoir rapporter avec assez de certitude aux G. peltatus et intricatus, auxquels ils sont ordinairement associés. En général, tous les Goniopygus dont l'origine est connue appartiennent aux terrains crétacés ; il n'en existe à ma connaisance aucune espèce, ni dan les terrains plus anciens, ni dans les terrains plus récens ; et dans la création actuelle on ne rencontre aucun type qui s'en rapproche, même de loin.

 
 

Goniopygus peltatus Agassiz, 1838

 
 
diagnose originale de l'espèce par Agassiz
Monographies d'échinodermes, des Salénies, 1838, p.20
 

I. Goniopygus peltatus Ag. Tab. 3, fig. 9-18.

Salenia peltata Agass. Mém. de la Soc. des sc. nat. de Neuchâtel, tom. I.

Echinus peltatus DesM. Echin., p. 304

 

     Jusqu'à présent cette espèce n'a été trouvée que dans le terrain crétacé du Jura neuchâtelois (terrain néocomien), où elle est assez fréquente. Sa forme est circulaire, fortement aplatie en dessous, et sensiblement déprimée en dessus, fig. 10. L'ouverture inférieure est proportionnellement plus grande que dans aucune espèce ; elle occupe à-peu-près les deux tiers de la face inférieure du disque, fig. 11 ; son pourtour est régulièrement échancré au point de contact des aires ambulacraires avec les aires interambulacraires, et l'espace compris entre deux échancrures (le nombre total est de dix, puisqu'il y a cinq aires ambulacraires et cinq interambulacraires) est toujours plus petit à l'extrémité des aires interambulacraires qu'au bord des aires ambulacraires, fig. 11et 15. En général, ces dernières ne se rétrécissent que peu ou point à l'approche de l'ouverture inférieure, tandis que le contraire a lieu pour les interambulacraires : ce sont celles-ci qui, en s'étalant, produisent le renflement du test.

     L'appareil oviducal est étoilé et bien moins grand que l'ouverture inférieure, fig. 9. Les plaques dont il se compose sont lisses à leur surface et échancrées à leur bord ; on remarque très-distinctement les sutures qui les unissent. Les ovariales, en forme de feuille de vigne et percées d'une trou au milieu, se soudent toutes entre elles pour former la bordure immédiate de l'ouverture anale. Les interovariales sont plus petites, tronquées à leur bord extérieur, arrondies à leur bord interne ; la plaque ovariale de l'aire interambulacraire impaire est, comme dans la plupart des espèces, un peu plus grand que les autres. Les aires ambulacraires, composées de deux simples rangées de tubercules, se détachent fortement de la surface du test et se rétrécissent sensiblement vers l'appareil ovicucal, fig. 10 et 13 ; quoique assez distantes, surtout

 

vers le milieu de la circonférence, on ne remarque cependant point de tubercules plus petits entre les deux rangées. Les pores sont disposés par paires obliques de chaque côté des aires ambulacraires. Les aires interambulacraires portent deux séries de six à sept gros tubercules surmontés d'un fort mamelon articulaire, fig. 12 et 16. Les petites verrues qui ordinairement recouvrent tout l'espace entre les gros tubercules, sont ici très-rares ; l'on n'en remarque que quelques-unes très-petites à la surface inférieure, fig. 11.

     Baguettes. On ne saurait douter que les baguettes qui accompagnent habituellement les exemplaires de cette espèce, et dont la découverte est due à M. DuBois de Montpéreux, n'en soient les véritables piquans. Ces baguettes sont éminemment claviformes, fortement striées longitudinalement dans leur partie supérieure, lisses dans la partie inférieure jusqu'au tiers de la hauteur, fig. 18. Elles sont, en outre, dépourvues de ce que l'on appelle communément la tête du piquant, c'est-à-dire de ce renflement en forme d'anneau qui, dans les baguettes des Cidaris, succède à la facette articulaire. Celle-ci est une simple petite cavité, fig. 17, dépourvue de dentelures comme le col du tubercule avec lequel elle a dû s'articuler. Cette figure est la projection d'une baguette, vue d'en bas. Toutes les baguettes ont à-peu-près les mêmes dimensions, environ un demi-pouce de long et deux à trois lignes de diamètre dans la partie la plus bombée.

planche 3 (extrait)

   
 
 
  Goniopygus peltatus Agassiz, 1838 - Aptien, Espagne, 20 mm  
 
 
 

Goniopygus coutini Lambert,1931

 
 
diagnose originale de l'espèce par Lambert
Monographies d'échinodermes, des Salénies, 1838, p.20
 

Goniopygus Coutini Lambert

Pl. I, fig. 24, 25.

 

     A la demande de M. Nelter je dédie cette espèce trouvée par lui avec les précédentes à la mémoire du regretté Maxime Coutin, Ingénieur au service des Mines, victume de la Science, tué en mission le 24 septembre 1926. Elle est également du gisement d'Adouz et à peu près de même taille que G. Meslei, mesurant 24 mm. de diamètre sur 14 de hauteur ; elle en diffère par sa forme un peu moins haute, ses tubercules interambulacraires plus gros et plus écartés à l'ambitus,

 

plus atténués en dessus et ses tubercules ambulacraires plus rapprochés avec granules mamelonnés intermédiaires plus rares et bien plus petits, ne formant pas de rangées. Dans les interambulacres les granules de la zone miliaire sont aussi moins nombreux et plus espacés.

planche I (extrait)

   

 

 
 
 
  Goniopygus coutini Lambert,1931 - Turonien, Maroc, 50 mm  
 
  Goniopygus coutini Lambert,1931 - Turonien, Maroc, 34 mm  
  Goniopygus coutini Lambert,1931 - Turonien, Maroc, 38 mm  
  Goniopygus coutini Lambert,1931 - Turonien, Maroc, 40 mm  
  Goniopygus coutini Lambert,1931 - Turonien, Maroc, 43 mm  
 

Goniopygus delphinensis Gras,1848

 
 
diagnose originale de l'espèce par Gras
Description des oursins fossiles du département de l'Isère, précédée de notions élémentaires sur l'organisation et le glossologie de cette classe de Zoophytes, 1848, p.30
 

     2. G. Delphinensis (nobis), (appareil génital, pl. 1, fig. 15). - Diamètre 15 à 20 mm., hauteur 5/9 environ. Cette espèce est tout à fait semblable à la précédente, elle n'en diffère que par la disposition des plaques génitales qui ne présentent pas l'irrégularité signalée plus haut ; ces cinq plaques, à peu près égales, forment un cercle régulier autour de l'anus. Comme précédemment, de gros granules s'observent entre les deux rangées de tubercules de l'aire ambulacraire (!) ; il serait possible que la première de ces espèces ne fût qu'une variété de sexe de l'autre. - Le hameau du Fâ près Rancurel, les côtes de Sassenage. - T. néocomien sup.

     Piquants. - Nous rapportons, au G. Delphinensis, de petits piquants (pl. 3, fig. 8) que l'on trouve dans la même localité au Fâ. Ces piquants ont une longueur totale de 10 à 14 mm. ; le diamètre maximum du renflement est de 3 à 4 mm. Le col a un

 

diamètre de 2 mm. 1/2 ; le corps présente une forme ovoïde allongée, à extrémité supérieure pointue ; il est lisse, sauf sur le tiers supérieur, où l'on trouve six arêtes tranchantes qui convergent en se réunissant au sommet ; tête petite, surface articulaire lisse.

planche 1 (extrait)

   

 

 
  Goniopygus delphinensis Gras,1848 - Aptien, Castellon, Espagne, 19 mm  
 
 

Goniopygus royanus d'Archiac,1851

 
 
description de l'espèce par Cotteau
Paléontologie française, terrains crétacés, tome VII, p.752
 

N° 2581. Goniopygus Royanus, d'Archiac, 1851.

Pl. 1183, fig. 9-17, et pl. 1184, fig. 1-6.

 

   

     Espèce de taille moyenne, circulaire, renflée et sub-conique en dessus, arrondie sur les bords, presque plane en dessous. Zones porifères droites, composées de pores petits, ronds, disposés par paires espacées et très-obliques surtout vers l'ambitus, se multipliant un peu autour du péristome. Aires ambulacraires étroites au sommet, s'élargissant au fur et à mesure qu'elles descendent vers la face inférieure, garnies de deux rangées de petits tubercules homogènes, saillants, assez fortement mamelonnés, espacés, au nombre de huit à douze par série, suivant la taille des individus. La zone qui sépare ces deux rangées est large et occupée par deux autres séries très-régulières de tubercules plus petits, plus espacés et alternes, qui disparaissent au-dessous de l'ambitus. Entre ces tubercules, le test semble lisse même dans les exemplaires les plus gros et les mieux conservés. Aires inter-ambulacraires relativement peu développées, pourvues de deux rangées de tubercules beaucoup plus gros que les tubercules ambulacraires, saillants, fortement mamelonnés, scrobiculés, au nombre de six à huit par série. Granules intermédiaires peu abondants, gros, mamelonnés, épars, inégaux, se montrant surtout dans la région infra-marginale, remplacés au-dessus de l'ambitus par quelques petites verrues inégales et microscopiques, tendant à se ranger en cercles autour des scrobicules. Péristome grand, sub-décagonal, s'ouvrant à fleur du test, muni d'entailles légères. Périprocte sub-circulaire, présentant sur les bords un aspect triangulaire. Appareil apicial largement développé, solide, étoilé, saillant au-dessus du test, couvert, sur toute sa surface, de granules fins, homogènes, qui convergent, en rayonnant, vers le centre des plaques. Plaques génitales heptagonales, larges, anguleuses et visiblement perforées au sommet, quelquefois sub-concaves au milieu. Trois d'entre elles offrent sur le bord interne une petite dépression sub-circulaire au milieu de laquelle s'élève un mamelon très-finement perforé à sa base ; la plaque madréporiforme, facilement reconnaissable à l'aspect spongieux que présente son angle externe, est dépourvue d'impression et de mamelon.

     Hauteur, 14 millimètres ; diamètre, 22 millimètres.

     Individu jeune : hauteur, 6 millimètres ; diamètre, 10 millimètres.

     Le G. Royanus varie dans sa taille, dans sa face supérieure plus ou moins conique. Les petits tubercules secondaires qui forment, dans les exemplaires les plus gros, deux rangées régulières au milieu de chaque ambulacre, se réduisent, chez les individus plus jeunes, à une rangée inégale et sub-onduleuse. L'appareil apicial présente également des modifications que nous devons signaler : granuleux et à sutures lisses chez certains exemplaires et notamment chez les plus développés, il est muni, chez quelques autres, de côtes sub-granuleuses et rayonnantes plus ou moins prononcées ; parfois l'appareil est presque lisse et offre à la suture de petites impressions sub-circulaires.

 

     Rapports et différences. - Le G. Royanus forme un type parfaitement caractérisé et toujours reconnaissable à ses pores espacés et obliques, à ses ambulacres larges et garnis de quatre rangées de tubercules, à ses interambulacres étroits, à ses tubercules inter-ambulacraires très-gros et accompagnés de rares granules, à son appareil apicial très-développé, couvert de granules ou de côtes rayonnantes. La disposition de ses tubercules ambulacraires rapproche cette espèce du G. Delphinensis de l'étage aptien de l'Isère ; elle s'en distingue nettement par sa forme plus élevée, son périprocte triangulaire, son appareil apicial beaucoup plus étendu, moins anguleux sur les bords, granuleux au lieu d'être lisse.

     Histoire. - Mentionnée pour la première fois, sous le nom de G. Royanus, par M. d'Archiac, en 1851, cette belle espèce n'a jamais été ni décrite, ni figurée. En 1859, M. Coquand lui a donné le nom de Baylei que nous avons dû abandonner pour celui plus ancien de Royanus.

     Localités. - Saint-Georges, Royan (Charente-Inférieure) ; Aubeterre (Charente) ; Neuvic (Dordogne). Assez abondant. Etage sénonien. - Cassis (Bouches-du-Rhône). Rare. Etage sénonien inf. zone à Radiolites cornu-pastoris (M. Reynès).

     Ecole des mines, coll. de la Sorbonne, Triger, Guillier, Coquand, Arnaud, ma coll.

     Explication des figures. - Pl. 1183, fig. 9, G. Royanus, de la coll. de l'Ecole des mines, vu de côté ; fig. 10, face sup. ; fig. 11, face inf. ; fig. 12, aire ambul. grossie ; fig. 13, aire interambul. grossie ; fig. 14, appareil apicial grossi ; fig. 15, variété à appareil apicial marqué d'impressions, de la coll. de l'Ecole des mines, vue de côté ; fig. 16, face sup. ; fig. 17, fiace inf. ; fig. 18, appareil apicial grossi. - Pl. 1184, fig. 1, variété à disque apicial marqué de sutures, de ma coll., vue de côté ; fig. 2, face sup. ; fig. 3, face inf. ; fig. 4, aire ambul. grossie ; fig. 5, aire interambul. grossie ; fig. 6, appareil apicial grossi.

 

planches 1183 et 1184 (extrait)

   

 

 

Goniopygus royanus d'Archiac,1851 - Campanien supérieur, Charente Maritime (17), 20 mm