Collyritidae

d'Orbigny, 1853, p.43

Genre type : Collyrites Desmoulins, 1835

Description succinte de la famille : Bel exemple d'apex disjoint. Les plaques sommitales des interambulacres 1 et 4 se rencontrent à l'apex en séparant celui-ci en deux.

 

 


 

Genre   Collyrites Desmoulins, 1835

Etude sur les Echinides, p.46

Espèce type  Ananchytes elliptica Lamarck, 1816, par désignation originale.

Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, p.58

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Bathonien - Oxfordien moyen

 

diagnose originale du genre par Desmoulins

Etude sur les échinides, p.46, 1816

15.me Genre. - COLLYRITE. (Collyrites, J.A. de Luc, ined. in litt. du grec Collyra, petit pain).

Forme générale plus ou moins irrégulière, subcirculaire, obovée, cordiforme ou ovalaire-alongée, très-variable ainsi que l'élévation du corps. Parfois une facette marginale moins marquée que dans les Spatangues.

Surface inférieure plus ou moins applatie. Côte sternale, lorsqu'elle existe, moins relevée et moins large que dans les Ananchytes et les Spatangues.

Sommet rarement médian, ordinairement très-antérieur.

Vertex simple ou très-largement divisé.

Pores génitaux : quatre.

Aires très-variables sous le rapport de leurs dimensions relatives dans le même individu, (excepté dans deux ou trois espèces) ; les anambulacraires infiniment plus larges que les ambulacraires.

Ambulacres complets du vertex à la bouche, souvent très-obsolètes en tout ou en partie, jamais étranglés vers le bord, composés de chaque côté d'une seule paire de pores. Les pores sont distincts en haut, confondus à la base, placés plus ou moins près du bord des plaques ambulacraires. Les ambulacres sont toujours complètement planes et superficiels, si ce n'est quelquefois l'ambulacre buccal (antérieur).

Tubercules spinifères de trois sortes ? Les miliaires, très-nombreux et petits ; les verruciformes, rares et petits, composés d'une très-courte base conique ou subglobuleuse, perforée et crénelée au sommet par la chûte d'un mamelon terminal qui ne paraît pas perforé, entourés d'une aréole lisse, à peine excavée et très-large. Les tubercules papillaires de ce genre me sont inconnus, et ne doivent se montrer qu'en dessous, s'ils existent.

Epines entièrement inconnues.

Bouche sub-symétrique (symétrique ?) ronde ou à peine ovale-transverse, non réniforme ni labiée.

Système buccal interne totalement inconnu.

Anus rond ou ovale, suprà-marginal ou ouvert dans une troncature postérieure (facette marginale) ou dans un sillon dorsal.

(11 espèces, toutes fossiles du terrain jurassique ou du terrain crayeux).

   Obs. Ce genre me fut proposé par M.r J. A. De Luc, célèbre géologue de Genève, dans une lettre du 4 juillet 1931, pour l'Echinide que Lamarck nomme Ananchytes elliptica, et dont M. Goldfuss a fait son Nucleolites excentricus ; je ne crus pas alors devoir l'adopter ; mais depuis, en étudiant plus parculièrment les modifications de la bouche dans le Echinides, j'ai senti qu'il était indispensable, afin de trouver une place pour un petit nombre d'espèces ballottées tout-à-tour pas les auteurs dans les genres Ananchyte, Nucléolite et Spatangue. J'ai donc joint à l'espèce-type, en élargissant un peu les caractères, les dix espèces suivantes :

 

     Nucleolites amygdala, Lam. - N. heteroclita, Defr. Dict. Sc. nat. (qui forme peut-être un double emploi). - N. granulosus, Münster. - ? N. canaliculatus, Goldf. - N. depressus, Münster. - N. semi-glogus, Münster. -

Spatangus minor, Leske, pl. 24. fig. g. (que je nomme Collyrites Brissoïdes). - Sp. capistratus, Goldfuss. -

Ananchytes carinata, Lam. (Spatangus carinatus, Goldfuss.).- A. bicordata, Lam.

     M. De Luc proposait, pour son espèce-type, le nom de C. subelliptica ; je lui laisse celui d'elliptica, qui est plus ancien.

     Tel que je le présente, ce genre n'est pas encore très-homogène, puisqu'il offre un vertex simple ou très-largement divisé ; mais cette différence n'est pas réellement aussi grande qu'elle le paraît au premier coup-d'oeil. Elle se présente lorsque le sommet est fort antérieur. Si les pièces apiciales restent courtes, le vertex demeure simple ; si elles s'alongent, les deux ambulacres postérieurs se séparent des trois autres, (et l'on sait que cela arrive dans un genre bien homogène assurément, l'Ananchyte).

     Les espèces le splus légitimement douteuses sont les deux dernières de celles que je retire du genre Nucléolite : elles ont tout le facies des Nucléolites, mais M. Goldfuss leur attribue une bouche ronde. Si ce caractère, comme cela me paraît assez présumable, provenait du mauvais état des échantillons observés et que la bouche fût, même légèrement, pentagonale, ces deux espèces rentreraient dans le genre Nucléolite, et laisseraient à celui des Collyrites l'homogénéité désirable.

     Quoiqu'il en soit, il restera toujours à celui-ci une grande affinité, au oins apparente, avec les Spatangues ; mais, attendu la connaissance que j'ai des plaques buccales des Spatangues vivans, et du mode d'ouverture de l'orifice étroit qu'elles laissent subsister, je ne crois pas qu'une organisation semblable soit compatible avec la bouche non labiée des Collyrites.

     Sous ce rapport, je serais bien tenté d'attribuer aux Collyrites une bouche symétrique ; mais comme il paraît que son diamètre transversal est quelquefois un peu plus long que le longitudinal, je n'ose lui appliquer que l'épithète de sub-symétrique. Au reste, ce genre peu nombreux et relégué dans des terrains assez anciens, est fort difficile à étudier, à cause de la rareté d'une conservation parfaite dans les individus. J'en possède cinq ou six espèces, et dans tout cela pas un individu parfait pour l'étude.- Il serait possible que des observations plus heureuses le réduisissent aux espèces à vertex largement divisé (Collyrites canaliculata, capistrata, carinata, bicordata, elliptica). Ce sont celles que je comprends le moins mal, et je ne vois guère de genre connu dans lequel on pût les placer convenablement.

 

 

Collyrites elliptica (Lamarck,1816)

 
 

Diagnose originale de l'espèce par Lamarck

Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, 1816, p.26

5. Ananchite bicordée. Ananchytes bicordata.

     A. obovata, utraque extremitate subsinuata ; dorso laevi ; vertice duplicato.

     Spatangites bicordatus. Leske ap. Klein, p. 244. tab. 47. f. 6.

     Echinus bicordatus. Gmel. p. 3199.

     Habite. . .   fossile des environs du Mans. M. Ménard. Mon cabinet

 
 

Collyrites elliptica (Lamarck,1816) - Callovien, Sarthe, 49 mm

 
 

Collyrites elliptica (Lamarck,1816) - Oxfordien, Liesberg, Kant Basel Land, Suisse, 36 mm

 
 

Collyrites cheveti Vadet & al., 1998

 
 

Collyrites cheveti Vadet et al.,1998 - Callovien supérieur, Orne, 27 mm

 
 

Collyrites cheveti Vadet et al.,1998 - Oxfordien, Timeristine, Nord Agadir, 33 mm

 
 

Collyrites dorsalis (Agassiz in AG. & Desor,1847)

 
diagnose originale de l'espèce par Agassiz in Ag. & Desor
Catalogue raisonné des échinites vivans et fossiles, 1847, p.31

LXXXVIII. DYSASTER Agass.

     Forme elliptique ou subdiscoide. Test mince, portant des tubercules assez apparents au milieu d'une fine granulation miliaire. Bouche subcentrale, pentagonale. Ambulacres disjoints, formant deux sommets très éloignés, l'un en avant, l'autre en arrière. Plaques ambulacraires grandes et allongées, les espèces connues appartiennent aux terrains jurassiques et crétacés.

Premier type. Forme elliptique ou subdiscoïde, plus ou moins déprimée.

dorsalis Agass. Ambulacres antérieurs évasés ; ambulacres postérieurs convergeant, très près de l'anus qui est haut.

     Kellov. de Marolles. - D'Orbigny.

 

Collyrites dorsalis (Agassiz in AG. & Desor,1847) - Callovien, Sarthe, 35 mm

 

 

Genre   Cardiopelta Pomel,1883

Classification méthodique et genera des échinides vivants et fossiles, p.50

Espèce type  Collyrites trigonalis Desor, 1872, par désignation subséquente de Savin (1903, Catalogue raisonné des échinides fossiles de la Savoie, p.50).

Echinologie helvétique, p.371

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Oxfordien - Crétacé inférieur

Nous considérons ici Cardiopelta comme un genre à part, après l'avoir compris comme un sous-genre de Collyrites. Il est possible que cette position soit à nouveau revue, à l'aune des recherches en cours (Barras). De même pour la famille Collyritidae qui pourrait n'être pas une réalité et amener à considérer plutôt celle ci comme paraphylétique au sein des atélostomes.

Syn. 

  • Collyropsis Gauthier, 1896, p.22 ; espèce type : Spatangites carinatus Leske, synonyme subjectif plus récent

  • Procollyropsis Beurlen, 1934 p.129 ; espèce type : Disaster platypygus Quenstedt, 1874, synonyme subjectif (de Collyropsis)

 
diagnose originale du genre par Pomel
Classification méthodique et genera des échinides vivants et fossiles, 1883, p.50

Cardiopelta. Cordiforme atténué en arrière, à sillon antérieur échancrant nettement le pourtour. Péristome arrondi, très excentrique en avant, dans une dépression ; périprocte à fleur d'une faible troncature postérieure. Ambulacre de collyrites en dessus ; mais en dessous, les antérieurs pairs sont à fleur peu visibles, et les trois autres sont seuls dans des sillons évasés, d'où la face inférieure montre trois fortes gibbosités. Espèces jurassiques : C. capistrata, trigonalis, carinata, acuta ; espèces néocomiennes : C. oblonga, Jaccardi, Meyrati.

 

Cardiopelta bicordata (Leske,1778)

 
diagnose originale de l'espèce par Leske
Additamenta ad iacobi theodori Klein naturalem dispositionem echinodermatum, 1778, p.180

     Species IX. Spatangites bicordatus. Tab. XLVII. Fig. 6.

     Pertinet petrefactus hic Spatangus ad rariores, casque fpecies, quae vertice duplici infstruuntur, in quo ambulacra finiuntur. Maxime fingularem hanc proprietatem, quod vtraque in extremitate fit finuatus, folus, quantum hactenus innotuir, prossidet, atque fic vtraque parre eft cordatus, quare licebit mihi eundem bicordatum appellare -  Nucleus eft tefta fua priuatus, in quo areae lapidis cornei habent naturem, ambulacra vero creta funt obducta, neque, praeter formam, alia teftae retinuit veftigia.

     Andreae litt. Helvet. p. 16. Tab. II. ig. c. Helmintholithus Echini Spatagi linn. *) ambulacro fecundario quafi fagittali, bina anteriora binis pofterioribu ingente, cote griser farclus. C/ Auctor eundem a reliquis omnibus differre his fignis addit : ano fupra incifuram pofteriorem pofito, in finu anteriore veftigia pororum defunt : ambulacra anteriora ferie pororum diplici fere recta ad os tendunt ; pofteriora, orta a dorfi vertice pofteriore arcuata ad os defcendunt : in ipfo dorfo duplex pororum linea anteriora et pofteriora ambulacra coniungir. - Repertus eft hic Spatangites in fluuio Birs  circa S. Iacob, fupra Bafileam, atque volutationibus in aqua maximam partem tefta eft priuatus.

*) Senfu generico hoc intelligendum eft, cum linnevs plurimas fpecies coniunxerit.

Extrait planche XLVII

 

   
 

Cardiopelta bicordata (Leske,1778) - Oxfordien inférieur/moyen, Meurthe et Moselle, 42 mm

 
 
 
 

Cardiopelta jaccardi (Desor,1869)

 
 

Collyrites Jaccardi, Desor

(Pl. XXXII, fig. 11-14.)

synonymie

Collyrites Jaccardi, Desor, 1869, in Jaccard, Descr. géologique du Jura vaudois et neuchâtelois, p.158

(Matériaux pour la carte géol. de laSuisse, 6me liv.).

dimensions

Longueur.................................................................13 à 26 mill.

Largeur par rapport à la longueur..............................0,82 à 0,89

Hauteur        id.       ..................................................0,53 à 0,61

     Forme déprimée, ovale, cordiforme, dilatée et très-échancrée en avant, très-acuminée en arrière. Face supérieure peu élevée, faiblement convexe, plus ou moins carénée dans la région postérieure. Face inférieure subconvexe, creusée en avant et autour du péristome, très-renflée dans l'aire interambulacraire postérieure impaire. Pourtour arrondi et renflé.

     Ambulacre impair logé dans un sillon faiblement accusé à la face supérieure, mais échancrant fortement le pourtour et se continuant jusqu'au péristome en conservant sa profondeur.

     Ambulacres antérieurs pairs légèrement infléchis en avant ; on compte deux plaques ambulacraires pour une plaque interambulacraire. Les pores sont si petits qu'ils sont à peine visibles, même avec une forte loupe. Sommet antérieur relativement rapproché du bord ; les quatre plaques génitales sont assez développées et leurs pores bien ouverts. Ambulacres postérieurs convergeant sur un point situé un peu en avant du milieu de la distance qui sépare le sommet antérieur du périprocte.

     Péristome arrondi, peu rapproché du bord, son périmètre est composé de dix angles très-peu accusés.

     Périprocte occupant la face postérieure qui se trouve fort étroite à cause du grand rétrécissement de toute cette région ; il n'est cependant pas visible d'en haute, mais seulement d'en bas. L'area est peu prononcée et se perd sur la gibbosité du plastron.

     Tubercules fort petits, peu saillants, très-écartés ; les granules miliaires sont extrêmement fins, très-nombreux et très-serrés.

 

 

     Rapports et différences. Le Collyrites Jaccardi se distingue nettement du Collyrites ovulum par son ensemble bien plus déprimé, peu renflé, beaucoup plus acuminé en arrière ; en outre, le sillon antérieur échancre davantage le pourtour et se creuse plus profondément à la face inférieur ; son péristome est aussi un peu plus éloigné du bord. Il diffère du Collyrites oblongus d'Orb. par son ensemble plus acuminé en arrière et plus cordiforme, son sillon antéreiur plus accusé, son péristome plus rapproché du bord antérieur, son périprocte ouvert bien plus bas et invisible d'en haut.

     Localités. Sainte-Croix (Vaud).  - Censeau (Jura).

     Etage valangien.

     Sainte-Croix (Vaud). - Bachersboden dans le Justithal (Berne). - Gorges de l'Areuse [marnes à Amm. Astierianus] (Neuchâtel). - Villers-le-Lac (Doubs) [marnes à Amm. Astierianus].

     Etage néocomien.

     Collections Campiche, P. de Loriol, Thiessing, Gilliéron, Musée de Zurich.

Explication des figures.

Pl. XXXII. Fig. 11. Collyrites Jaccardi. Bachersboden. Musée de Zurich. Grandeur naturelle.

                  Fig. 12 a, b, c, d. Autre exemplaire de la même espèce de taille ordinaire. Saint-Croix. Etage néocomien. Grandeur naturelle. Coll. Campiche.

                   Fig. 12 e. Le même individu grossi.

                 Fig. 13 a, b. Autre exemplaire de Villers-le-Lac. Et. néocomien. Coll. Thiessing. Grandeur naturelle.

                 Fig. 14. Autre exemplaire très-grossi, vu sur la face postérieure pour montrer l'area anale. Villers-le-Larc. Néocomien. Coll. P. de Loriol.

Extrait planche XXXII

 

   
 
 

Cardiopelta jaccardi (Desor,1869) - Hauterivien inférieur, La Palud, Verdon, 13 mm

 
 
 
 

Cardiopelta jaccardi (Desor,1869) - Berriasien, Maroc, 27 mm