|
N° 31. -
Macropneustes brissoides
(Leske), Desor, 1857
Pl. 36, 37 et
38
T. 97.
Espèce
de grande taille, allongée, ovale, subcylindrique, émarginée en avant,
verticalement tronquée en arrière. Face supérieure haute, renflée,
plus ou moins saillante en arrière, très arrondie sur les bords. Face
inférieure régulièrement bombée, subpulvinée, un peu déprimée en avant
du péristome. Sommet ambulacraire très excentrique en avant. Sillon
antérieur large, atténué à la face supérieure, entamant profondément
l'ambitus et se prolongeant jusqu'au péristome. Aire ambulacraire
impaire formée de pores simples, petits, disposés par paires très
obliques, s'espaçant au fur et à mesure qu'elles s'éloignent du
sommet, logées dans des fossettes subcirculaires et peu apparentes.
L'aire ambulacraire est finement granuleuse et présente ça et là
quelques petits tubercules crénelés et perforés. Aires ambulacraires
paires pétaloïdes, médiocrement excavées, linéaires, étroites,
allongées, inégales, les antérieures fortement divergentes, presque
horizontales, les postérieures plus allongées et beaucoup plus
rapprochées, les unes et les autres ouvertes à leur extrémité. Zones
porifères plus larges que l'intervalle qui les divise, composées de
pores oblongs, virgulaires, transverses, égaux, unis par un sillon et
séparés par une bande finement granuleuse ; dans chacune des aires les
zones porifères sont de même dimension. Tubercules de deux natures :
les plus gros, crénelés, perforés, entourés d'un scrobicule peu
profond, inégaux, épars, relativement peu nombreux, occupent surtout
la partie supérieure des aires interambulacraires, et sont limités par
un fasciole péripétale. Quelques-uns, cependant, notamment dans la
région antérieure, se montrent au-delà du fasciole. Petits tubercules
très abondants, le plus souvent homogènes, augmentant sensiblement de
volume à la face inférieure, dans la région inframarginale et sur le
plastron formé par l'aire interambulacraire postérieure. Granules fins
et délicats, se groupant autour des tubercules et remplissant l'espace
intermédiaire. Péristome excentrique en avant, labié, semicirculaire ;
autour du péristome, les pores, très petits et disposés par paires
espacées, s'ouvrent dans des dépressions entourées d'un léger
renflement. Périprocte très grand, elliptique dans le sens du diamètre
antéro-postérieur, acuminé à ses deux extrémités, placé au sommet de
la face postérieure. Appareil apical compact, étroit, granuleux, muni
de quatre pores génitaux rapprochés et largement ouverts ; la plaque
madréporiforme, très resserrée, traverse l'appareil et se prolonge en
arrière ; plaques ocellaires petites, perforées, se groupant autour de
l'appareil. Fasciole péripétale flexueux, passant près de l'extrémité
des aires ambulacraires, descendant beaucoup plus bas dans la région
antérieure, limitant presque partout les gros tubercules de la face
supérieure. Fasciole sous-anal bien développé, entourant l'écusson
anal.
Type de
l'espèce : hauteur, 45 millimètres ; diamètre antéro-postérieur, 70
millimètres ; diamètre transversal, 60 millimètres.
Individu de taille plus forte : hauteur, 48 millimètres ; diamètre
antéro-postérieur, 73 millimètres ; diamètre transversal, 65
millimètres.
Exemplaire de Biarritz : hauteur, 55 millimètres ; diamètre
antéro-postérieur, 85 millimètres ; diamètre transversal, 75
millimètres. |
|
Nous
rapportons au M. brissoides quelques exemplaires recueillis à
Biarritz, et entre autres un échantillon de très grande taille faisant
partie de la collection du comte de Bouillé ; il diffère un peu du
type par ses aires ambulacraires plus allongées, mais il ne saurait
être rapporté au M. pulvinatus, assez commun à Biarritz, donc
la forme est tout autre et les aires ambulacraires encore plus
allongées ; les différences avec le M. brissoides ne nous ont
pas paru suffisantes pour faire, de cet exemplaire de grande taille,
une espèce particulière.
Rapports et différences.
- Le M. brissoides, placé longtemps parmi les Euspatangus,
a été avec raison réuni aux Macropneustes ; il se distingue
nettement de ses congénères par sa forme épaisse, renflée,
subcylindrique, ses ros tubercules interambulacraires peu nombreux,
très inégaux et paraissant en grande partie limités par le fasciole
péripétale, par son périprocte très développé, fortement acuminé à ses
deux extrémités. L'espèce est assurément voisine du M. pulvinatus,
mais elle en diffère par sa forme plus cylindrique, par ses aires
ambulacraires moins longues et un peu plus larges, par ses tubercules
interambulacraires moins nombreux. L'exemplaire que nous avons décrit
et fait figurer est celui-là même qui a servi de type à l'espèce ; il
faisait partie de la collection Des Moulins et appartient aujourd'hui
au Musée de Bordeaux.
Localités. - Montfort,
Baigt (Landes). Biarritz (la Gourèpe) (Basses-Pyrénées). Rare. Eocène
supérieur.
Muséum
de Bordeaux, collection Hébert, Pellat, comte de Bouillé, ma
collection.
Localités autres que la france.
- Saint-Giovnani Ilarione, Malo, Val Lione, Zovencedo, Castione
(province de Vicence). Masua près Negrar (province de Vérone).
Explication des figures.
- Pl. 36, fig. 1, M. brissoides, type de l'espèce, du Muséum de
Bordeaux (coll. Des Moulins), vu de côté ; fig. 2, face supérieure :
fig. 3, appareil apical grossi ; fig. 4, fasciole et tubercules
grossis, pris dans la région antérieure. - Pl. 37, fig. 1, le même, vu
sur la face inférieure ; fig. 2, face postérieure ; fig. 3, plaques
interambulacraires grossies, prises sur la face supérieure ; fig. 4,
tubercules grossis, pris sur la face inférieure. - Pl. 38, fig. 1,
exemplaire de grande taille, de Biarritz, de la coll. du comte de
Bouillé, vu de côté ; fig. 2, face supérieure.
Planches 36, 37
et 38
(extrait)
|