Mellitidae

Stephanini, 1911, p.749

Genre type : Mellita Cotteau, 1866

Description succinte de la famille : Cloisonnements internes. Pétales très bien développés, fermés ou quasi fermés distalement. Sillons nourriciers très bien développés et très subdivisés.Ambulacres et interambulacres de même largeur. Périprocte sur la face orale, entre le péristome et la lunule anale. Présence  d'indentations perradiales profondes ou de lunules dans les ambulacres.

 

 


 
 

Genre   Mellita Agassiz, 1841

Monographies d'échinodermes, deuxième livraison contenant les scutelles, p.34

Espèce type  Echinodiscus quinquesperforata Leske, 1778, (Mellita testudinata Klein,1853) par désignation subséquente de Pomel, 1883

classification méthodique et genera des échinides vivants et fossiles, p.71

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Pliocène - Actuel

 
 
diagnose du genre par Agassiz
Monographies d'échinodermes vivans et fossiles, des Scutelles, 1841, p.34
 

DU GENRE MELLITA Klein (Ag.) (*).

Ce genre tient en quelque sorte le milieu entre les Rotules et les Encopes. Tandis que la disposition des vacuoles le rapproche de ces derniers, sa forme aplatie et l'absence d'un trou génital dans l'aire interambulacraire impaire semblent au contraire le rattacher aux Rotules. Mais à côté de ces affinités, les Mellites présentent plusieurs caractères qui leur sont propres et qui justifient pleinement la coupe générique que Klein déjà avait établie sous le nom de Mellita, et que je propose de réintégrer, en en défalquant les espèces à deux entailles que cet auteur confondait avec les véritables Mellites et dont j'ai fait mon genre Lobophore.

Le genre Mellita, ainsi circonscrit , comprend de grandes espèces très plates et de forme subcirculaire, les diamètres longitudinal et transversal étant à peu près égaux ; quelques espèces, tels que le M. pentapora et le M.  testudinata sont même plus larges que longues , comme c'est aussi le cas de plusieurs espèces de véritables Scutelles. Les lunules sont tantôt au nombre de cinq, tantôt au nombre de six, suivant qu'il y en a une dans l'aire ambulacraire impaire ou non. Les ambulacres pairs en sont toujours pourvus, ainsi que l'aire interambulacraire impaire; la lunule de cette dernière est même pour l'ordinaire la plus grande. Cette variation dans le nombre et la forme des vacuoles constitue des caractères spécifiques dont il faut tenir compte dans l'étude de chaque espèce. En général, les lunules des Mellites sont allongées, grêles et presque toujours fermées, tandis que celles des Encopes sont rondes , larges et souvent ouvertes sur les bords. L'étoile ambulacraire est de moyenne grandeur ; les pétales sont arrondis à leur extrémité. La rosette apiciale présente une structure poreuse et finement granulaire. Les pores oviducanx , au nombre de quatre , s'ouvrent à l'extrémité des rayons du corps madréporiforme, au sommet des aires interambulacraires. Les cinq trous ocellaires placés au sommet des ambulacres, sont ordinairement trop petits pour pouvoir être aperçus à l'oeil nu. La bouche est légèrement subcentrale ; elle est de forme circulaire, mais les tubes des branchies qui font saillie sur son pourtour lui donnent ordinairement une apparence ondulée. L'anus est de forme ovale ou pyriforme, et d'autant plus rapproché de la bouche que la lunule de l'aire interambulacraire impaire est plus longue ; en général l'espace qui sépare l'ouverture buccale de l'ouverture anale n'excède pas la longueur de cette dernière.

La face inférieure est aussi accidentée que la face supérieure est uniforme. Les sillons ambulacraires se ramifient de toute manière dans leur trajet du centre à la périphérie ; les tubercules affectent également une disposition très variée : ils sont ordinairement très développés sur le milieu, tandis qu'ils sont beaucoup plus serrés et presque microscopiques le long des sillons. Cette disposition des tubercules se réfléchit nécessairement dans l'arrangement des piquans , en sorte que les aires interambulacraires sont garnies de soies beaucoup plus développées que les aires ambulacraires. Il existe en outre une différence profonde, quant à la forme , entre les soies de la face inférieure et celles de la face supérieure. Ces dernières sont courtes et clavellées ; celles de la face inférieure au contraire sont grêles et subulées. Une troisième espèce de soies , de forme aplatie , entoure les lunules à la face supérieure ; ce sont les plus grosses.

 

 La cavité intérieure présente des particularités fort remarquables : du plancher inférieur naissent, dans les aires interambulacraires, des piliers plus ou moins développés, qui semblent destinés à supporter le plancher supérieur. Leur forme n'a rien de régulier ; il y en a ordinairement deux dans chaque aire , mais souvent aussi ils sont soudés entre eux de manière à n'en former qu'un seul. Une membrane est étendue autour de ces piliers et sépare ainsi la cavité buccale de la cavité intestinale. Quoique les exemplaires dont je me suis servi pour étudier les organes intérieurs ne fussent pas entièrement frais , j'ai cependant pu y reconnaître la forme de l'intestin et le poursuivre dans son trajet depuis la bouche jusqu'à l'anus. En sortant de l'appareil masticatoire, l'intestin va s'attacher à la rosette apiciale interne, passe par dessus la mâchoire antérieure droite et de là se courbe à gauche ; d'abord très grêle , il se dilate peu à peu et acquiert sa plus grande largeur vers le milieu de son trajet. Après avoir parcouru le flanc gauche et envoyé des processus dans toutes les cavités cellulaires , il arrive au bord postérieur : ici les cloisons de la lunule de l'aire interambulacraire impaire lui barrant le passage, il s'infléchit en dedans, passe par dessus l'ouverture anale en traversant un canal formé par les piliers de l'aire interambulacraire impaire, qui sont adossés contre les cloisons de la lunule, et de là se dirige sur le côté droit , remonte jusqu'à l'aire interambulacraire antérieure droite , où il se replie sur lui-même pour regagner de nouveau le bord postérieur et venir aboutir à l'ouverture anale (Voy. pour les détails la fig. 6 de Tab. 3 , qui représente l'intérieur du Mellita quinquefora, vu d'en haut).

L'appareil masticatoire est composé de cinq mâchoires à charpente très grêle , mais garnies de lames nombreuses et très allongées , surtout dans les mâchoires postérieures. Les dents sont de petites lames aplaties, émaillées et fixées verticalement dans le sillon de la face supérieure des mâchoires; comme ces dernières ne sont pas très hautes , les dents ne sont que légèrement inclinées de haut en bas. Chaque mâchoire s'appuie sur une des cinq auricules qui entourent l'ouverture buccale.

Je connais jusqu'ici cinq espèces de Mellites , dont les unes habitent les côtes occidentales d'Afrique, les autres les côtes orientales du centre de l'Amérique. Celles qui ont conservé leurs teintes sont toutes vertes.

(*) Ce mème nom de Mellita a été donné plus tard à un genre d'insectes hyménoptères.

 
 

Mellita tenuis Clark,1940

 
 
diagnose originale de l'espèce par Clark, 1940
A revision of the keyhole urchins (Mellita), p.442 (8)
 

mellita quinquiesperforata tenuis, new variety

Plate 60, Figure 2 ; Plate 61, figure 2

     Description. - test notably light and thin, very nearly circular but somewwhat norrower anteriorly and with slight reentering curves at each end. The diameter along different axes ranges from 103 mm. through III-5 to 109 mm. through I-3, but the usual measurement is about 107 mm. Apex posterior to abactinal system, at or a little posterior to center of test ; at that point the test is almost 10 mm. high. The slope from margin to apex is quite uniform and gradual from all sides ; the pargin in III is barely 2 mm. thick and in 5 it is just 1 mm. Genital pores 4. Petaloid area of moderate size, about 58 mm. long by 55 mm. wide ; unpaired petal (ocular pore to tip) 25 mm. long by 14 mm. wide, narrowed at tip and but little open there ; petals II and IV 24 by 12 mm., narowly open, the inter-poriferous areas quite straight ; petals I and V 30 by 15 mm., narrowed at tip and scarcely open there. Lunules strikingly small and straight ; II and IV 10 mm. long by 2.5 mm. wide, I and V 11 by 2.5 mm., and the un paired lunule 18 by 3.5 mm., its posterior and 20 mm. from the test margin. Periproct very long and narrow, 4.5 by 1.25 mm., its anterior margin only 3.5 mm. from the posterior margin of the peristome, which is small, rounded-pentagonal, only 3 mm. in diameter ; the ambulacral knobs are small and inconspicuous. Ambulacral furrows of oral surface well marked, but the intermediate areas are rather narrow ; in II and IV these areas are 47 mm. long but only 21 mm. in maximum width.

     Primary spines of dorsal surface less than 1 mm. long, very slender at base but swollen at the tip into a conspicuous ovoid head about one-third the length of the entire spine. Surrounding the lunules and around the margin of the test the primaries are elongated, narrow, flattened, and blunt, but they are not widened at the tip, rather they may be narrowed. On the oral surface the primaries are slender and elongated and arranged so that they lie almost horizontally and pointing in definite directions, as in the other species of Mellita. No pedicellariae have been detected.

     The color is uniformly brown ; orally the test is a brighter, more yellowish, brown than on the upper surface.

     Locality. - Northwest of lighthouse 2 miles outside of Sanibel Island, Fla., from a sandbar in 3-4 feet of water ; W. J. Clench, February 1929.

     Holotype. - U.S.N.M. No. E.5656.

     Notes. - There ar in the United States National Museum two paratypes of this variety. The larger is from Tarpon Springs, Fla., where it was collected b y Edwin J. Shadle. It is 98 by 102 mm. in diameter and is a lighter and yellower brown than the holotype. The other specimen, collected by Dr. W. H. Dall at Charlotte Harbor, Fla., is almost circular, 55 mm. in diameter, and has the apex unusually far back, just in front of the unpaired lunule. The color is like the Tarpon Springs material. In the Museum of Comparative Zoology collection are a number of specimens of this variety from Sanibel Island, Fla., of which half a dozen are paratypes collected with the holotype by Mr. Clench in February 1929. The smalledst is only 44 mm. long and almost 44 mm. wide ; the test is very thin and delicate, scarcely 3 mm. thick at the apex, which is very close to the center of the test ; the color is a deep gray above, light brown beneath, with many light 

  greenish-blue lines and areas, specially near the mouth. The larger specimens are like the holotype in color and range from 74 to 104 mm. in length, with the width the same or a millimetr more or less, except ont that is 99 mm. long ty 104 mm. wide. In all these specimens the apex of the test is at or behind the center, and the lunules are uniformly small. Besides these specimens the Museum of Comparative Zoology contains, also from Sanibel Island, a bare but not bleached test 120 by 125 mm., a water-worn test 78 by 81 mm., and a very young specimen only 19 mm. in diameter in which the paired lunules are not yet closed in. There are also five small specimens from an unknown locality of which the largest is 71 by 68 mm., with the apex very evidently at the anterior end of the unpaired lunule, while the other specimens, 48-57 mm. long -with width about the same), are rouded pentagonal, more or less asymmetrical, and have the anterior margin notably straight rather than curved. There are also 10 very young Mellitas, 23-36 mm. in diameter, dredged half a mile off the eastern en of Sanibel Island in 1-2.5 fathoms by W. J. Clench oon April 6, 1933, which are naturally to be considered the young of tenuis, although of course in such immature specimens the varietal characters are not conspicuous. But the posterior position of the apex is a fairly distinctive feature. The Museum of Comparative Zoology has also a paratype from Tarpon Springs, Fla., taken by Edwin J. Shadle, 89-93 mm. in diameter, received from the United States National Museum. Finally, it seems best to refer to this variety three large specimens that Alexander Agassiz collected many years ago at Captiva Key, Fla., near Sanibel Island. Theses specimens range from 100 by 110 mm. to 129 by 129 mm. and are notably thicker and solider than typical tenuis, and the apex is evidently central or anterior. Such specimens prove that tenuis is not a well-defined species yet. But typical examples of this Mellita are so conpicuouly different from ordinary quiquiesperforata that when the Tarpon Springs and Charlotte Harbor specimens were first examined it seended quite clear that they represented a well-marked species characteristic of the west coast of Florida. The large series available of the common species shows, however, that there are numerous connecting links, and the conclusion was reluctantly reached that tenuis must be rated as a variety merely. There are specimens at hand from the Carolina coast that are so similar to those from Sanibel Island that they cannot be distinguished by constant measurable characters. On the other hand, there are the three large specimens from Captiva Key, mentioned above, which are too much like ordinary quiquiesperforata to justify specific separation. An interesting point in the matter is that specimens from the coast of Texas and western Louisiana are normal quinquiesperforata.

planches 60 et 61 (extraits) par Clark

     
 
 

Mellita tenuis Clark,1940 - Actuel, Gollfe du Mexique, Venice, W. Florida, 31 mm

 
 
 

 
 

Genre   Encope Agassiz, 1841

Monographies d'échinodermes, deuxième livraison contenant les scutelles

Espèce type  Encope grandis Agassiz, 1841, par désignation originale.

Monographies d'échinodermes, deuxième livraison contenant les scutelles, p.57

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Miocène - Actuel

Syn. 

  • Moulinia Agassiz, 1841, p.139.; espèce type : Scutella  cassidulina Desmoulins,1837 ; synonyme subjectif plus récent 

  • Echinoglyphus Gray, 1852, p.37.; espèce type : Scutella  emarginatus Leske,1778 ; synonyme subjectif plus récent 

  • Ravenellia Lutken, 1864, p.168.; espèce type : Scutella  macrophora Ravenel,1843 ; synonyme subjectif plus récent 

  • Macrophora Conrad, 1865, p.134.; espèce type : Scutella  macrophora Ravenel,1843 ; synonyme subjectif plus récent 

 
 

Encope grandis Agassiz ,1841 - Miocène, Californie, 110 mm

 
 

Encope angelensis Durham , 1940- Miocène supérieur, Californie, 95 mm

 
 
 
 

Encope californica (Verril,1870) - Miocène supérieur, Californie, 93 mm

 
 
 
 

Encope carmenensis Durham,1940 - Miocène, Californie, 85 mm

 
 
 
 

Encope emarginata (Leske,1778)

 
 
diagnose de l'espèce par Agassiz
Monographies d'échinodermes vivans et fossiles, des Scutelles, 1841, p.47
 

I. Encope emarginata Agass.

Tab. 10

Syn. Scutella emarginata Lam. T. 3, p. 279, N°3. - E. Desl. Enc T, 2, p. 675, N° 3. - Encycl. méth. pl. 150, f. 1, 2. - DeBl. Dict. sc. nat. T. 48, p. 224. - DeBl. Zooph. p. 201. - Agass. Prodr. Echin. p. 188. - DesMoul. Tabl. syn. p. 222, N° 5.

     Echinodiscus emarginatus Leske, N°53, p. 200, pl. 50 ; f. 5, 6.

     Echinus emarginatus L. Gm. p. 3189.

     Grand oursin de mer étoilé. Kl. Gall. suppl. du Cab. de Réaumur ; p. 231, 232, pl. 225, f. A. et pl. 26, f. B.

     Echinoglycus frondosus. Van Phelsum, p. 34.

 

     Quoique très rare dans les collections, cette espèce est cependant connue depuis longtemps des naturalistes. Sa forme est subcirculaire en avant et plus ou moins tronquée en arrière. Le diamètre transversal et le diamètre longitudinal ont sensiblement les mêmes dimensions. L'épaisseur égale à peu près le sixième de la longueur (fig. 3). La surface entière du test, lorsqu'elle est dépourvue de ses-soies, présente une granulation très homogène, surtout à la face supérieure. La face inférieure est plus variée ; les tubercules y atteignent leur plus grand développement sur les aires interarabulacraires, tandis qu'ils sont d'une finesse extrême sur les aires ambulacraires. La fig. 6 représente quelques tubercules spinifères des aires interambulacraires sous un grossissement de.1.1/2 fois le diamètre et entourés de tubercules miliaires qui occupent l'espace compris entre les aréoles des plus grands.

     J'ai indiqué, dans les fig.  1,  2 et 3 , les ouvertures du test par des lettres , ayant trait au plan de position de l'animal. La lunule de l'aire interambulacraire impaire (p) est proportionnellement petite ; ses bords ne sont point renflés ; les cinq ouvertures des aires ambulacraires ne sont pas non plus très développées : celles des ambulacres postérieurs (.p d et p s) sont habituellement fermées près du bord et plus grandes que celles des ambulacres antérieurs (a, 1 d et 1 s); mais comme il règne une très grande variété dans la forme et la grandeur de ces ouvertures, on ne saurait guère les envisager comme des caractères spécifiques. C'est ainsi que dans l'exemplaire figuré , la lunule de l'ambulacre antérieur droit (1 d) est fermée , tandis que celle du côté gauche (1 s) est ouverte. Dans d'autres, les deux ouvertures du côté droit sont seules ouvertes, dans d'autres encore toutes sont fermées. Il en est de même de la lunule de l'ambulacre antérieur impair (a) : elle est très ouverte dans l'exemplaire muré, tandis que dans la plupart des autres exemplaires que j'ai sous les yeux, elle est fermée ; c'est toujours la plus petite des ouvertures. L'étoile ambulacraire est très élégante. Les pétales postérieurs sont les plus longs et en même temps les plus étroits ; les antérieurs pairs sont courts , larges et très arrondis à leur extrémité. Le pétale antérieur impair enfin tient généralement le milieu entre les autres. L'espace compris entre les zones porifères est sensiblement plus large que ces zones elles-mêmes dans les ambulacres antérieurs ; dans les ambulacres postérieurs en revanche , cette différence est moins sensible; les zones porifères et l'espace intermédiaire sont à peu près d'égale largeur. La figure 4 représente la moitié du pétale antérieur grossi afin de faire voir la forme des sillons transverses et la manière dont ils sont séparés par une rangée de tubercules. Les pores ambulacraires se laissent encore poursuivre au delà de la rosette ambulacraire. L'on remarque sur chacune des plaques du test formant le prolongement des pétales, une paire de pores située tantôt au milieu, tantôt au bord de la plaque;

 

mais ils sont souvent tellement petits, qu'on a de la peine à les reconnaître à l'ail nu. La rosette apiciale présente une étoile pentagonale dont les rayons s'avancent dans les aires interambulacraires , où ils se terminent par les pores génitaux qui sont au nombre de cinq, comme dans toutes les espèces du genre. Les trous ocellaires placés au sommet des ambulacres , sont beaucoup plus petits que les trous oviducaux , mais cependant très distincts , même à l'ail nu. La surface de l'appareil oviducal ne présente point une structure tuberculeuse comme le reste du test, et lorsqu'on l'examine à la loupe , on la trouve composée d'un tissu spongieux, à la surface duquel viennent aboutir une quantité de petits tubes. La face inférieure est très élégamment accidentée par suite de la variété des tubercules et de la ramification des sillons (fig. 2). La bouche qui est un peu rejetée en avant , est petite proportionnellement à la grandeur du test. On remarque sur son pourtour les cinq petits tubes destinés à loger lés branchies buccales et dont les extrémités, en forme de bourrelets, font saillie sur le pourtour de la bouche (voyez la fig. 5 qui représente la bouche grossie). L'anus , de forme subconique , occupe à peu prés le milieu de l'espace entre le bord interne de la lunule interambulacraire et l'ouverture buccale. Les sillons ambulacraires se ramifient d'une manière très variée, et lorsqu'on vient à les examiner à la loupe , on trouve que non seulement les rigoles principales, mais même les plus petits canaux latéraux, sont parsemés de pores microscopiques. Il en résulte que les tubes auxquels ces trous donnent passage, doivent nécessairement être plus nombreux à la face inférieure qu'à la face supérieure. 

     Les figures ci-jointes sont dessinées d'après l'exemplaire original de Lamarck, le seul qui existe dans la collection de Paris; je n'en connaissais pas d'autres, lorsque mon ami M. Stokes, de Londres, eut l'obligeance de m'en communiquer toute une série, qui m'a servi à compléter la description de cette espèce. Plusieurs de ces exemplaires ont conservé une partie de leurs soies. Elles sont petites et en apparence lisses. Mais lorsqu'on vient à les examiner à la loupe , on trouve qu'elles sont toutes striées et hérissées d'épines : celles de la face supérieure sont clavellées; celles de la face inférieure sont cylindriques et subulées, à peu près comme celles de l'Encope tetrapora (voyez Pl. 10 a). Les teintes de la surface du test sont d'un brun-jau­mitre ; mais cette couleur passe au lilas sur les bords des lunules et du pourtour.

L'habitat de cette espèce n'est pas exactement connu ; elle paraît provenir des Philippines.

Extrait planche 10 d'après Agassiz

 

 

 
 
 

Encope emarginata (Leske,1778) - Pliocène, Waccama formation, Caroline du Sud, 115 mm

 
 
 
 

Encope emarginata (Leske,1778) - Juvénile, Pliocène, Pinecrest formation, Californie, 35 mm

 
 
   
 
 

Encope micropora (Agassiz,1841)

 
 
diagnose de l'espèce par Agassiz
Monographies d'échinodermes vivans et fossiles, des Scutelles, 1841, p.50
 

III. Encope micropora Agass.

Tab. 10 a, fig. 4-8 et Tab. 19 a, fig. 7.

     Très-voisine à bien des égards de l'E. emarginata, cette espèce n'en diffère que par quelques caractères en apparence peu importans, mais qui n'en sont pas moins des caractères spécifiques, attendu qu'on les retrouve invariablement dans tous les individus. Ces caractères sont : 1° la petitesse de la lunule de l'aire interambulacraire impaire, que rappelle le nom micropora ; 2° lar largeur considérable des pétales ambulacraires, qui s'arrondissent fortement à  leur extrémité, sans cependant se fermet complètement. L'espace compris entre les zones porifères de chaque pétale est notamment plus large que ces zones elles-mêmes, surtout dans les pétales antérieurs ; 3° la forme de la rosette apiciale, qui est moins grande que dans l'E. emarginata. Les pores génitaux sont aussi en général plus rapprochés, quoique placés à  l'extrémité des rayons du corps madréporiforme. Ce dernier est d'un aspect spongieux comme dans toutes les espèces d'Encopes (fig. 6). Les trous ocellaires sont excessivement petits, mais cependant visibles même à  l'oeil nu. L'épiderme, finement granulaire, présente, sous un fort grossissement, les deux sortes de tubercules qu'on retrouve dans presque toutes les Scutelles, les tubercules spinifères, qui sont distinctement perforés et mamelonnés, et les tubercules miliaires qui entourent ces derniers et sont très-nombreux (voy. fig. 8). Dans les zones porifères des pétales ambulacraires, les tubercules spinifères forment des séries transversales très-régulières, séparées par les sillons transverses (voyez fig. 7). La face inférieure ne présente rien de particulier : c'est la même disposition des sillons et des tubercules que nous avons décrite dans l'espèce précédente. L'ouverture buccale est petite et circulaire. L'anus est pyriforme et

 

 allongé dans le sens du diamètre longitudinal et le diamètre transversal sont sensiblement égaux. Le bord postérieur est un peu plus tronqué dans les vieux exemplaires que dans les jeunes. La fig. 5 représente le profil ; la plus grande épaisseur est vers le bord antérieur.

     La fig. 7 de Tab. 19 a représente la cavité intérieure, telle que nous l'avons décrite à  l'article du genre (voy. pag. 46). La différence spécifique de cette espèce d'avec l'E. emarginata est encore confirmée par le trajet du canal intestinal, dont les contours sont bien plus nombreux, notamment sur le flanc droit.

     Je possède plusieurs exemplaires de cette espèce, qui m'ont été donnés par M. Stokes ; mais il n'en est aucun dont l'origine me soit connue. Leur teinte paraît, à  l'état vivant, d'un brun foncé, à  en juger d'après quelques traces qui en sont conservées.

Extrait planches 10a et 19a d'après Agassiz

 

 
 

Encope micropora (Agassiz,1841) - Miocène, Californie, 104 mm

 
 
 
 

Encope tamiamiensis Mansfield ,1932 - Pliocène, Californie, 88 mm

 
 

Encope tamiamiensis Mansfield ,1932 - Pliocène, Californie, 58 & 54 mm, spécimens pathologiques

 
   
 

 
 

Genre   Leodia Gray, 1851

New genera and species of Scutellidae and Echinolampidae, p.36

Espèce type  Leodia richardsoni Gray, 1851, par désignation originale.

ibid.

Extension stratigraphique (bibliographique, non vérifiée) : Pliocène - Actuel

 
 
 

Leodia caroliniana (Ravenel1841)

 
 

Leodia caroliniana (Ravenel)

Plate 19, figures 1-3

Scutella caroliniana Ravenel, 1841, Acad. Nat. Sci. Philadelphie Jour., ser. 1, v. 8, p. 333, text fig.

Mellita caroliniana (Ravenel). Ravenel, 1848, Echinidae, Re-cent and fossil, of South Caroline, p. 4.

Mellita caroliniana (Ravenel). Tuomey and Holmes, 1857, Pleiocene fossile of South Caroline, p. 8, pl. 1, fige. 4, 4a-b.

Mellita caroliniana (Ravenel). Clark and Twitchell, 1915, U. S. Geol. Survey Mon. 54, p. 204, pl. 91, figs. la-b ; pl. 92, figs. la-b.

Leodia caroliniana (Ravenel). Cooke, 1942, Jour. Paleontology, v. 16, no. 1, p. 23.

     The following description is based on Tuomey and Holmes' figures, which appear to be accurate : Horizon­tal outline subcircular or subtrigonal, slightly wider be­hind; upper surface nearly flat; lower surface flat. Apical system central with a large star-shaped madre­porite and four ( ?) genital pores. Petals nearly equal in length, lanceolate, extending more than halfway to the margin. One small lunule in each ambulacrum between the petals and the margin, a sixth much larger lunule in the posterior interambulacrum. Peristome central, circular, small, Periproct small, pear shaped, midway between the peristome and the posterior lunule. Food grooves forking near the peristome and having several lateral branches.

Length about 53 mm; width about 55 mm ; height about 5 mm. Tuomey and Holmes report fragments twice as large.

 

 

Occurrence.-South Carolina : The Grove Plantation, Cooper River 5 miles northwest of Wando ; Goose Creek ; Wadmalaw River (fide Tuomey and Holmes).

Geologic unit.- Late Miocene.

Type.-Unknown, possibly Charleston (S. C.) Museum.

Remarks.-This species has proportionately longer petals than Leodia sexiesperforata, and its food grooves form a different pattern, diverging nearer the peristome.

A Leodia measuring 113 mm in diameter probably represent­ing Leodia earoliniana was obtained by Dr. J. McGonigle from the Miami oolite of Pleistocene age at a golf course near Miami, Rla. (USGS 4867, T. W. Vaughan). Another larger specimen, 127 mm in diameter, from the Yorktown formation of Miocene age at Days Point, James River, west of the month of Pagan Creek about 4 miles north of Smithfield, Va. (USGS 16920, G. C. Barclay) is too heavily coated with hard matrix to be identilied with certainty.

Extrait planche 19

 

 

 
 
 

Leodia caroliniana (Ravenel1841) - Pliocène inférieur, base fm Wacamaw, Shalotte, Cté de Brunswick, Caroline du nord, U.S.A., 54 mm