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N° 4. -
Metaporhinus transversus,
Cotteau, 1867.
(d'Orbigny,
1853).
Pl. 4.
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Espèce de taille assez forte, cordiforme, trapue, plus large que
longue, dilatée et échancrée en avant, sensiblement rétrécie en
arrière ; face supérieure renflée, très-haute, presque aussi élevée
dans la région postérieure que dans la région antérieure, sub-carénée
au milieu, déclive sur les côtés, brusquement abaissée en avant ; face
postérieure tronquée presque verticalement ; face inférieure convexe,
renflée, surtout au milieu de l'aire interambulacraire impaire,
arrondie sur les bords. Sommet ambulacraire très-excentrique en avant,
placé au point le plus élevé de la face supérieure, à l'endroit où
elle s'abaisse vers l'ambitus. Aires ambulacraires très-disjointes.
Aire ambulacraire antérieure droite, composée de pores petits,
arrondis, disposés par paires serrées et obliques à la face
supérieure, s'espaçant au fur et à mesure qu'elles s'éloignent du
sommet, logée dans un sillon d'abord vague et atténué, puis qui
échancre profondément l'ambitus et aboutit au péristome. Aires
ambulacraires paires antérieures étroites, sub-flexueuses, arrondies
près du sommet, formées de pores à peine sub-virgulaires, cependant un
peu plus apparents et plus espacés que les autres. Aires ambulacraires
paires postérieures plus larges que les antérieures, recourbées comme
elles à leur partie supérieure, convergeant à une très-petite distance
au-dessus du périprocte, à l'endroit où commence la troncature de la
face postérieure. Tubercules nombreux, épars, petits, à peine
scrobiculés à la face supérieure, plus développés aux approches de
l'ambitus et sur les bords du sillon antérieur qui paraît dépourvu de
tubercules. Granulation intermédiaire éparse, inégale, très-fine.
Péristome arrondi, très-excentrique en avant, s'ouvrant au fond de la
dépression creusée par le sillon antérieur. Périprocte sub-circulaire,
un peu allongé, situé au sommet de la face postérieure, au-dessous de
la carène dorsale quile recouvre complètement, à la naissance d'une
sillon large, profond, qui descend jusqu'à l'ambitus où il s'arrête,
en déterminant deux petites protubérances marginales plus ou moins
anguleuses. Appareil apical peu développé, sub-quadrangulaire ; les
quatre plaques génitales, largement perforées, se touchent par le
milieu et par la base et sont à peu près d'égale étendue, à
l'exception de la plaque madréporiforme qui est plus grande et plus
saillante que les autres ; les trois plaques ocellaires antérieures
sont très-petites et s'intercalent à l'angle des plaques génitales.
Hauteur, 32 millimètres ; diamètre transversal, 38 millimètres ;
diamètre antéro-postérieur, 36 millimètres.
La collection d'Orbigny renferme un exemplaire de cette même espèce
dont la taille est beaucoup plus forte : la face supérieure et la face
inférieure mal conservées ne permettent pas de mesurer exactement la
hauteur, mais le diamètre transversal est de 57 millimètres, et le
diamètre antéro-postérieur de 44 millimètres environ.
Rapports et différences.
- Le M. transversus diffère de ses congénères par son aspect
cordiforme, trapu, ordinairement plus large que long, par sa face
supérieure très-élevée, presque verticalement tronquée en avant et en
arrière, son périprocte entièrement recouvert par la carène dorsale,
son sillon anal profond, sa face inférieure bombée, son péristome
très-excentrique en avant. Quelques-uns de ces caractères tendent à le
rapprocher un peu du M. Munsteri auquel, au premier abord, nous
avions cru devoir le réunir. Un examen plus approfondi nous a démontré
que les deux espèces, tout en présentant beaucoup plus d'analogie dans
leur forme générale, dans la disposition de leurs aires ambulacraires
et dans l'aspect du sillon anal qui s'étend à la face postérieure,
sont cependant distinctes. Le M. Munsteri, figuré dans
l'origine, par Goldfuss, sous le nom de Spatangites bicordatus,
et plus tard par M. Desor, est reconnaissable à sa face postérieure
moins oblique et tronquée plus verticalement, à son sommet
ambulacraire plus excentrique en avant, à sa face supérieure
sub-carénée en arrière et déclive sur les côtés en forme de toit. Le
M. transversus offre également quelque ressemblance avec le
Dysaster altissimus de Zeuschner, que nous ne connaissons que par
les figures données dans son ouvrage sur les fossiles du Tatra. Cette
dernière espèce nous a paru se distinguer du Metaporh. transversus,
par sa forme plus allongée, par sa face postérieure tronquée, moins
verticalement, et dépourvue du sillon anal si caractéristique du
Metaporh. transversus.
Au moment où nous corrigions les épreuves de cette partie de notre
travail, nous avons reçu les Etudes paléontologiques de M.
Pictet sur la Faune à Terebratula diphyoïdes de Berrias
(Ardèche). Sous le nom de Collyrites Berriasensis, M. de Loriol
a décrit et figuré, dans cet ouvrage, une espèce qui nous paraît
identique au Metapor. transversus. La mauvaise conservation des
exemplaires que M. de Loriol avait à étudier, n'a pas permis à notre
savant ami de reconnaître les caractères génériques de son espèce,
caractères qui résident, comme nous l'avons vu plus haut, dans la
structure des pores de l'aire ambulacraire impaire et dans
l'arrangement des plaques apicales. La description minutieuse que M.
de Loriol a donnée des parties qu'il a pu examiner, ainsi que les
figures qu'il a jointes à cette description, ne nous laissent aucun
doute sur l'identité spécifique de nos échantillons avec les siens. Si
le sillon antérieur paraît, vers l'ambitus, un peu moins prononcé dans
nos figures, si le périprocte semble plus éloigné du bord antérieur,
il ne faut pas attacher d'importance à ces différences, car, dans
quelques-uns des exemplaires que nous avons sous les yeux, le
péristome est plus excentrique en avant, et le sillon antérieur, un
peu plus accusé, se rapproche davantage de celui figuré par M. de
Loriol.
Histoire. - Albin Gras,
dès 1852, mentionne cette espèce dans le Catalogue raisonné des
Fossiles de l'Isère : "On trouve, dit-il, dans les couches les
plus supérieures de la Porte de France et au sommet du mont Rachet de
Grenoble, un Dysaster voisin du D. Michelini, Ag., en
trop mauvais état pour être déterminé." L'année suivante, d'Orbigny,
dans la Paléontologie française, donne à des échantillons
provenant des environs d'Escragnolles et identiques à ceux de l'Isère,
le nom de Collyrites transversa que nous avons conservé, tout
en reportant l'espèce dans le genre Metaporhinus. La phrase
descriptive qui accompagne, dans l'ouvrage de d'Orbigny, la mention de
cette espèce est trop
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incomplète
pour permettre de la reconnaître, et explique parfaitement comment M.
de Loriol, qui n'avait pas à sa disposition les types du C.
transversa, a cru devoir faire des échantillons de Berrias une
espèce particulière.
Localité. - Porte de
France, près Grenoble (Isère) ; Escragnolles (Var) ; Berrias (Ardèche)
; rare. Néocomien inférieur - Lorsque nous avons décrit et fait
figurer cette espèce, nous ne connaissions que les échantillons
recueillis à Escragnolles par d'Orbigny, et dans les calcaires de la
Porte de Franc par M. Chaper ; il existait quelque incertitude,
relativement à l'êge de ces dernières couches : si d'un côté M. Hébert
les considérait comme essentiellement néocomiennes, en s'appuyant sur
l'étude minutieuse et comparée des ammonites, d'un autre côté, M. Lory
et plusieurs autres géologues persistaient à classer ces calcaires
dans le terrain jurassique et à les regarder comme faisant encore
partie de l'étage oxfordien. Dans le doute, nous n'avons pas hésité à
faire figurer, parmi les Echinides jurassiques, le Metaporh.
transversus, et à appeler ainsi l'attention sur une espèce si
intéressante, non-seulement sous le rapport stratigraphique, mais
encore au point de vue purement zoologique, et qui du reste, nous
devons le dire, par l'ensemble de ses caractères présentait une
physionomie plutôt jurassique que crétacée. Le Mémoire que vient de
publier M. Pictet sur les couches à Terebratula diphyoïdes de
Berrias, qui correspondent certainement aux calcaires de la Porte de
France, confirme en tous points l'opinion de M. Hébert, et nous force
à retrancher de la faune jurassique le Met. transversus, qui
devient, suivant toute probabilité, une espèce néocomienne.
Musée de Paris (coll. d'Orbigny) ; coll. Chaper, Malbos, Pictet et
Euthyme.
Localités autres que la France.
- Cabra (Andalousie). Abondant. Coll. de Verneuil.
Explication des figures.
- Pl. 4, fig. 1, M. transversus, d'Escragnolles, du Muséum
d'hist. nat. de Paris, vu de côté ; fig. 2, face sup. ; fig. 3, face
inf. ; fig. 4, face ant. ; fig. 5, face anale ; fig. 6, appareil
apical grossi et montrant la différence entre les aires ambul. et
interambul. ; fig. 7, autre exemplaire, de la Porte de France, de la
coll. de M. Chaper, vu de côté ; fig. 8, face anale.
Extrait planche
4
supplément page 504
Quelques années se sont écoulées depuis que nous avons commencé la
publication de ce volume. Dans cet intervalle, nous avons recueilli un
certain nombre de faits nouveaux ; quelques échantillons intéressants
et que nous ne connaissions pas nous ont été communiqués ; l'Echinologie
helvétique de MM; Desor et de Loriol, ouvrage important dans
lequel plusieurs de nos espèces se trouvent discutées, a paru en
Suisse. Ces divers documents nous permettent non-seulement de
compléter notre travail, mais de le recteifier sur certains points, et
nous avons pensé qu'il était utile d'ajouter un supplément, bien que
cela ne se soit pas encore fait pour les autres volumes de la
Paléontologie française.
Metaporhinus
convexus (Catullo),
Cotteau, 1870.
Voy.
n°4, Metaporhinus transversus, p. 28.
La
synonymie de cette espèce doit être modifiée ainsi :
En 1870, nous avons décrit cette espèce, dans l'ouvrage de M. Zittel,
sous le nom de Metaporhinus convexus, la rapportant au
Nucleolites convexus de Catullo. Dès cette époque nous la
considérions comme très-voisine du Met. transversus dont elle
ne nous paraissait se distinguer que par quelques caractères de peu
d'importance et notamment par sa taille constamment moins forte ; si
alors nous n'avons pas réuni les deux espèces, c'est parce que nous ne
connaissions pas les échantillons intermédiaires recueillis par M.
Gilliéron dans le Dat, près Semsales, canton de Fribourg (Suisse), que
nous avons examinés depuis dans la collection de M. de Loriol, et qui
ne peuvent laisser de doute sur leur identité avec le Metaporhinus
transversus.
C'est à
tort que nous avons considéré comme synonyme de l'espèce qui nous
occupe, le Collyrites Berriasensis, décrit et figuré dans le
Mémoire de M. Pictet sur la faune de Berrias. Nous sommes maintenant
d'accord avec M. de Loriol pour séparer les deux espèces : le Met.
Berriasensis se reconnaîtra toujours à son sillon antérieur plus
accentué et montant plus haut, à son péristome plus rapproché du bord
antérieur, à sa face postérieure acuminée et terminée par un rostre
aigu, tandis que, dans le Met. transversus, cette même région
est tronquée au pourtour et terminée par deux protubérances accentuées
ressemblant à deux petites cornes rudimentaires. |